Aussi pénible que le mal de dos, classé ex-aequo sur l’échelle de l’insupportable avec les paroles des chansons d’Aya Nakamura, le manque de confiance en soi est l’un des plus grands maux du siècle.
Pas besoin de permission pour choisir sa voie
Oui, le besoin d’assurance, d’être rassuré est normal.
Mais bordel, si ton idée te semble bonne, noble (donc conforme à tes valeurs), ne demande pas la permission aux autres pour créer ta boîte, ton activité en ligne, etc.
Il est sain de demander aux autres leur avis sur son projet, d’écouter les conseils. Certains d’entre eux sont toujours utiles. D’autres, donnés par des personnes qui n’y connaissent rien, n’auront aucun intérêt.
Par contre, laisse tomber la recherche de validation sociale. Passe en mode ‘𝐝𝐨𝐧’𝐭 𝐠𝐢𝐯𝐞 𝐚 𝐟…’
La peur est mauvaise conseillère
L’une des principales raisons est qu’il faut tenter et faire pour savoir si on s’est trompé. Sinon, on se condamne à regretter. Je vais prendre un exemple personnel pour expliquer ça.
Mais d’abord, parlons de l’entourage, de l’avis de la famille…
Pour ma première création d’entreprise, sur un sujet passion, la majorité de mes potes me disaient « 𝑡𝑢 𝑒𝑠 𝑓𝑜𝑢 », « 𝑐’𝑒𝑠𝑡 𝑟𝑖𝑠𝑞𝑢𝑒́ » , « 𝑡𝑢 𝑑𝑒𝑣𝑟𝑎𝑖𝑠 𝑔𝑎𝑟𝑑𝑒𝑟 𝑡𝑜𝑛 𝑗𝑜𝑏 𝑠𝑎𝑙𝑎𝑟𝑖𝑒́ ».
Je n’ai jamais regretté un seul jour ma décision d’entreprendre.
Concernant la peur que les autres projettent sur toi, j’avais déjà entendu une rengaine similaire quelques années auparavant, à la fin de mes études, lorsque j’ai décidé d’abandonner une probable carrière d’ingénieur pour devenir journaliste.
Avant de sauter à pieds joints dans l’entrepreneuriat, j’avais vécu suffisamment de salariat dans la presse pour avoir envie de passer à autre chose. J’ai rencontré sur internet mon futur associé. Avec beaucoup d’huile de coude et des bouts de ficelle, on a été assez fous pour développer une marque leader en France sur sa niche pendant une dizaine d’années.
Pour un autre projet d’entreprise, j’ai entendu le même discours alarmiste dans l’entourage. J’ai même fait entrer au capital un ami proche qui n’y croyait pas trop mais a souhaité nous soutenir. Résultat : la deuxième boîte a été rentable à vitesse grand V et totalisé 20 MEUR de CA en quelques années. Mes autres entreprises (salon de beauté/massage à Paris, consulting, etc.) n’ont pas forcément suivi la même trajectoire et j’en tire beaucoup de leçons, que je partage en formation. L’échec est donc toujours possible, et il faut le garder en tête. Mais ça ne doit pas être un frein. Plutôt un moteur pour se mettre une pression positive et avancer.
Mieux vaut tenter qu’avoir des regrets
J’ai moi-même souffert du syndrome de la permission. Voici un exemple. Il y a quelques années, j’ai investi plusieurs milliers d’euros sur une idée assez folle, en imaginant une nouvelle génération de raccourcis internet à la bit.ly. J’ai directement investi sur le « matériau » que j’allais utiliser sans avoir auparavant validé que mon idée allait générer de l’argent. Oui, je sais, c’est imprudent d’investir trop vite sans valider d’abord qu’on va gagner des sous. Une leçon à retenir 😉
Le problème, c’était que finir de coder le truc et l’industrialiser demandait plus de temps et de savoir-faire technique que je n’en avais. Il me fallait un supplément d’énergie, de temps, d’argent et de compétence.
Un ami, qui était aussi une référence pour moi et dont l’avis comptait, n’y croyait pas trop.
Résultat, je n’ai jamais poussé la phase de test. L’énergie, la force de conviction pour finaliser un prototype vendable, un « Minimum Viable Product » m’ont manqué. Je l’ai compris plus tard : chez moi comme chez beaucoup d’autres personnes, plus que la compétence, c’est le mental et la certitude (parfois fragile) d’aller dans la bonne direction qui est déterminante.
La conviction est un carburant nécessaire pour entreprendre. Elle donne de l’enthousiasme qui fait déplacer des montagnes.
Or quand on a autour de soi des personnes qui transmettent leur doute (qu’il soit légitime ou pas), c ‘est facile de baisser les bras. C’est ce qui s’est passé : j’ai laissé tomber l’idée.
De temps en temps, je regrette de ne pas avoir poussé ce projet loufoque jusqu’au bout. Je regrette de ne pas avoir trouvé un alter-ego assez timbré pour me dire « vas-y, fonce, je te donne un coup de main et tu vérifieras par toi-même ! », en trouvant un accord ou un montant pour récompenser l’effort en proportion du succès rencontré. Surtout qu’à l’époque folle où nous vivons, même des idées apparemment stupides au départ peuvent totalement fonctionner.
Et toi, tu vas aussi demander la permission ?
Hier, je discutais avec une jeune fille qui hésite à se lancer dans le secteur beauté.
Son instagram est top. Elle est jeune (donc avec du temps disponible et peu de contraintes, pas comme quand tu as des enfants et le crédit de la maison à payer), avec un potentiel d’influence et toutes les qualités pour percer…
Je lui ai parlé d’un projet clé en main qui est fait pour elle. Avec zéro risque et beaucoup de fun à la clé. Mais elle le prévoit déjà : autour d’elle, tout le monde est salarié et quoi… entreprendre ? Non, pas possible, autour d’elle, ça va freiner des quatre fers.
Ça part d’un sentiment louable, d’interroger des proches. Quand un parent, un conjoint exprime des doutes, c’est pour « nous protéger ». Et sur la durée, pouvoir compter sur le soutien moral de sa famille est très important.
Sauf qu’en général, comme les gens ne connaissent rien à l’entrepreneuriat, leurs réticences contaminent nos efforts. Un petit doute provenant de l’extérieur peut faire de gros ravages. Si le futur entrepreneur n’a pas une conviction en béton armé autour de son envie ou son projet, l’avis décourageant d’une personne chère à ses yeux peut agir comme un contaminant toxique, faire patiner l’entrepreneur dans la mélasse pendant des jours, des semaines, des mois… ou des années, au point d’« empêcher » tout simplement le projet de démarrer. L’idée enthousiasmante du départ finit par devenir un regret qu’on traîne toute sa vie.
Ne cherche pas la validation sociale
La seule personne véritablement importante (éventuellement) à convaincre au sujet de ton idée, c’est un investisseur ou ton conjoint(e). Car c’est la personne qui t’accompagnera ton quotidien.
En résumé, si tu as une idée de business, de projet, fonce. Tu trouveras des réponses à tes questions à mesure que tu avances.
Si des questions t’empêchent d’y voir clair, pars à la recherche des réponses auprès des bonnes personnes, celles qui ont de l’expérience et sauront qu’il ne faut jamais sabrer l’enthousiasme.
Tout n’est pas forcément juste dans ta vision initiale, et tu te trompes peut-être sur quelques aspects ici ou là liés à tes capacités, ton marché, etc. Mais tu pourras toujours corriger l’idée de départ à mesure que ton projet d’entreprise évolue. Alors si tu as un projet, débloque le frein des objections, trouve des solutions pour les contourner (certaines remarques qu’on te fait peuvent être pertinentes, parles-en autour de toi) et passe à l’action sans tarder.

