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La connerie est-elle un virus contagieux ?

Question existentielle (ou pas)

On est toujours le con de quelqu’un d’autre, à un moment donné. D’où cette question simple : peut-on s’empêcher d’être con ? De le devenir, ou le paraître aux yeux des autres ? Et qu’est-ce que ça fait d’être le con d’un autre ? Comment est-ce que ça se transmet ?

Bonus : à la fin de cet article, 538 conseils pratiques et un guide gratuit à télécharger pour ne pas paniquer tout de suite.

Disclaimer : j’utilise la forme au masculin, au sens du genre neutre. L’écriture inclusive me fait saigner des yeux, et s’apparente pour moi à du terrorisme culturel ou de la soumission à une injonction égalitariste, avec un ton accusatoire par défaut. Vous (ou tu) n’en trouverez pas sur ce blog. Donc je mets le masculin, mais je pense à tout le monde : toi, moi, fille à bouclette ou gadjo en chaussettes blanches, chat, chien et toute la famille, etc.

Edit : en faisant une enquête approfondie pour rédiger cet article, je me rends compte qu’une personne a déjà expliqué que la connerie était contagieuse. Sauf qu’ici, il s’agit d’un conditionnement lié à l’influence et à la preuve sociale… Bref, y’a débat !

La connerie est-elle une et indivisible ? Soluble dans le café ?

Il y a connerie et connerie. Je suis sérieux, et il faut faire la distinction : le sujet est subtil. Ça demande de la délicatesse, bordel !

On va mettre de côté la bêtise crasse, l’imbécilité évidente. Car c’est une vérité à admettre : il existe une très faible minorité de gens, dont la présence parmi nous est irréfutable d’après les statistiques, qui sont à la fois :

  • stupides (avec un QI de pois chiche)
  • ayant des valeurs et une empathie médiocres (égoïïïïste, comme disait la pub de Jean-Paul Goude sonorisée par du Prokofiev)
  • ayant une exposition publique ou un potentiel d’action collective qui les rendra visible

Parce qu’évidemment, le connard qui reste chez lui, sans connexion internet ni interaction sociale, est inoffensif. Mais cet abruti-là, ce rare con dont la connerie s’exprimera seulement, et par chance, dans un rayon d’un mètre matérialisé par l’obstacle du placoplâtre de sa chambre, du parpaing en bas de l’escalier ou de la portière de sa BMW (voyez comme je suis inclusif, pas de frontière socio-démographique), n’est pas si gênant. On l’identifie, et on en est naturellement protégé.

Le vrai problème, c’est d’être con asymptomatique. De ne pas s’en rendre compte. Et le pire : de contaminer les autres par sa connerie.

Parce qu’on est toujours le con de quelqu’un d’autre

Tout comme il existe le comique de situation, il existe la connerie de situation. C’est quand un contexte malheureux va faire de vous un abruti fini, cet insupportable faquin qui aura gâché la journée d’un tiers (et même davantage: si le flagrant délit de connerie est constaté durant l’après-midi, cela revient à pourrir une demi-journée complète).

Le con de situation

La connerie de situation vous amène à jouer le mauvais rôle. Vous êtiez au mauvais moment au mauvais endroit.

Exemple vécu. Sortez les micros, ouvrez les guillemets.

J’étais en ville, au volant de ma voiture. Je précise que je conduis toujours en bon père de famille (même quand j’étais sans enfant), en veillant bien à surveiller les limitations de vitesse. Je suis toujours à déterrer les angles morts du rétro, bref hyper prudent.

Sauf que voilà, je me retrouve en situation d’être LE connard du jour pour un gars en scooter. C’était à Suresnes, en bas du boulevard qui longe l’hôpital Foch, et je m’en souviens comme de ma première chemise (laquelle était à carreau et avait un certain succès).

Venant de nulle part, probablement d’un angle mort justement, un moktarcycliste, livreur de son État, s’arrête à ma position à un feu rouge et m’engueule. En reconstituant les faits, je finis par comprendre qu’en m’engageant lentement dans une voie à droite cent mètres auparavant, en suivant le clignotement d’une flèche orange, j’ai dû couper la route à ce deux-roues lancé à deux fois la vitesse autorisée (une fois par roue, donc). Je reconnais qu’une livraison urgente n’attend pas, quand bien même ça l’oblige à rouler comme un taré. Une vitesse à goûter l’asphalte avec la langue au premier dérapage.

J’étais donc devenu, le temps d’une rotation de volant, le parfait connard de service. Comme quoi : personne n’est à l’abri.

Le con mal instruit

Autre contexte auquel on n’échappe pas toujours. Celui qui fait de vous le con, le troll ou l’intervenant qui ne connait VRAIMENT rien au sujet et s’empresse de donner un avis biaisé dont tout le monde se fout.

Or tout le monde le sait, une personne mal biaisée est insupportable.

Comment ça se passe ? Dans une discussion, on a soi-même mal compris, ou on débarque dans la conversation en étant à l’ouest. Ou tout simplement, on n’est pas au niveau. Ça a pu m’arriver, et à toi aussi. Mais bonne nouvelle : ça se soigne !

Le remède : une cure d’information factuelle. La posologie n’est pas toujours claire. Faut-il donner un ou plusieurs articles sur le sujet pour aider le con à se remettre les idées en place ? Faut-il administrer une dose immédiate et massive, ou bien l’exposer progressivement à des arguments ? La problème est la pénurie, ou plutôt la dilution de la bonne info. L’info de qualité qui permettrait au con de voir sa connerie au grand jour est souvent noyée dans une masse d’autres infos périphériques et superficielles.

Un autre remède, c’est le silence auto-administré. On remue 7 fois sa langue de sa bouche avant de recracher sa connerie. Une exception, toutefois, c’est quand il s’agit de faire une bonne vanne bien drôle.

Là, la difficulté est d’arriver à respecter le bon timing (l’humour a ses règles et sa propre chronologie). Il faut parvenir à doser sa connerie avec retenue, etc. A chacun de trouver le bon équilibre et faire son expérience pour garder sa spontanéité sans passer pour un con. Exercice difficile. Mais on peut considérer, pour paraphraser Courteline, que se faire traiter de con par un imbécile est une volupté de fin gourmet.

Le vrai problème, c’est l’effet de loupe

En réalité, il n’y a pas d’épidémie de connerie. Tout ça… c’est des conneries (!)

Oui, d’accord, des poussées de fièvre connardoïde peuvent exister ici et là, mais ces foyers sont très limités. Un bon système humanitaire nous en prémunit facilement. Avec une pincée de compréhension, d’écoute et d’empathie, la connerie s’évapore ou est neutralisée, et on ne se rend compte de rien.

En réalité, nous sommes juste victimes du sentiment contemporain, d’une idée que la connerie est parmi nous. Cela provient de l’effet de loupe et de la démultiplication liés à internet et aux réseaux sociaux.

Comme tout le monde peut prendre la parole sur Twitter, Facebook, Instagram ou ailleurs, n’importe qui s’empresse de le faire. Parfois en disant du « grand n’importe quoi », et en étant relayé dix, cent ou mille fois. Parce que pour beaucoup d’entre nous, plus c’est con, plus c’est bon, et il faut que ça se sache !

Ce qui était circonscrit au périmètre de la salle à manger devient visible en place publique. La dissémination est surmultipliée, franchit les frontières sanitaires (je parle bien des toilettes-WC, relisez le passage du placoplâtre). Et là, le virus de la connerie accède au monde entier.

Ton guide de protection anti-connerie

Si une personne s’approchait de vous (ou de toi, je ne sais plus) en présentant des symptômes de connerie aigüe, voici quelques conseils à appliquer (idéalement en cataplasme gingival, 5 cuillères matin et soir) :

  • lire des contenus informatifs de qualité et de toutes sources, pour renforcer son système immunitaire et ne pas être contaminé trop facilement,
  • faire preuve d’écoute, d’empathie, de compréhension bienveillante

Inversement, pour ne pas devenir (trop vite) le con (ou la conne, voir le paragraphe inclusif d’introduction) de service :

  • au volant, bien regarder dans ses rétros !
  • tourner 7 fois sa langue dans sa bouche, avant de lâcher une connerie douteuse (et bien se brosser les dents, mais c’est un autre sujet)
  • lire des contenus informatifs de qualité et de toutes sources, pour renforcer son système info-immunitaire et ne pas être contaminant trop facilement.

Et pour conclure

Un dernier mot avec une mise en abîme.

Cet article est-il particulièrement con ? Le virus de la connerie m’a-t-il contaminé ?

Je me pose encore la question. Mais qu’importe.

Pour me guérir, une petite vidéo.

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