Avec le confinement et la mise forcée au télétravail pour des millions de collaborateurs dans le monde, les besoins en visioconférence ont grimpé en flèche. Que ce soit pour enseigner après la fermeture des écoles, former ou manager une équipe, ou même garder contact avec des clients, Zoom est sorti gagnant de cette histoire toujours en cours. Mais Google pourrait-t-il l’écraser ?
Un marché en plein essor
Déjà, autant dire que pas mal d’éditeurs de logiciels de vidéo / visioconférence doivent se frotter les mains. Même si beaucoup ont fait des efforts louables en proposant la gratuité de leurs services, on imagine que la crise du coronavirus leur sera plutôt profitable sur le long terme.
Du jour au lendemain, tout le monde ou presque a découvert les vertus de la conférence à distance :
- pas de transports à prendre,
- on vient comme on est,
- on se réunit à deux ou en grand nombre
- on peut échanger des fichiers, tchater, partager son écran, etc.
J’ai participé à des visios à plus de 200 personnes réunies virtuellement au même endroit, avec bien évidemment tous les micros coupés (sinon bonjour la cacophonie). Chez des grands comptes comme Sanofi, des webinars ont rassemblé plus de 26.000 connexions lors d’une seule session. Imaginez l’orchestre que ça donnerait.
Lors d’un nouveau projet de création de site web, nous avons utilisé Zoom en équipe pour organiser des débats en ligne. Pas besoin de benchmarker ni de réfléchir pour proposer un outil aux participants… Quel que soit leur « niveau » en informatique, le nom Zoom était sur toutes les lèvres.
Zoom fait un carton mondial
D’après Wikipedia, Zoom est passé de 10 millions d’utilisateurs par jour en décembre 2019 à environ 200 millions en mars 2020. Fin avril 2020, c’était plus de 300 millions de réunions par jour qui avaient lieu grâce au logiciel. Dingue, non ?
La presse a beaucoup parlé de cet outil, pourtant il existe des dizaines d’autres outils comparables. Mais c’est bien ce que j’ai constaté autour de moi : profs, freelances, salariés, tout le monde parlait de Zoom. Join.me était absent. Skype ? Un truc de vieux. Dans une moindre mesure : Microsoft Team.
Des failles de sécurité
Outre l’efficacité avérée du logiciel, une raison de la visibilité médiatique de Zoom a tenu aux problèmes de sécurité liés à l’outil. Des petits malins ont pu s’amuser à troubler des visioconférences en récupérant ou en générant des liens d’invitation. Chacun a fini par trouver une solution en évitant de partager le lien ou en filtrant à l’entrée, avec un mot de passe au besoin.
Google pour siffler la fin de la récré ?
Quand un secteur d’activité prend de l’ampleur au niveau mondial, on peut s’attendre à ce qu’il intéresse un géant comme Google. La visioconférence chez Google n’a rien d’une nouveauté. Le service Hangout a été lancé en 2013, avec une interface alambiquée, pas évidente à comprendre. A cause de telle visio loupée ou d’une webcam impossible à activer, j’ai eu plus d’une fois l’occasion de pester contre cet outil intégré à Gmail.
Bref. Google Hangout a évolué pour être remplacé par Google Meet.
Et là, Google frappe fort. D’abord, en proposant la gratuité pour des visios de 45 minutes. Ensuite, en forçant le trait avec l’intégration bien visible dans Google Agenda. Impossible de passer à côté du bouton ! Comme Google Calendar est fourni avec n’importe quel compte Gmail, ça fait plus de 1.2 milliard d’utilisateurs potentiels à portée de clic.

Les limitations de Google Meet :
- réunion gratuite jusqu’à 100 personnes maximum (et 250 pers. si on a une licence entreprise Google Suite ?)
- durée illimitée (jusqu’au 30 septembre où une limite de 60 minutes pourrait être imposée)
Faut-il encore payer une licence Zoom ?
Je n’ai pas beaucoup « joué » avec l’interface Google Meet mais le premier retour d’expérience est bon. Alors vais-je continuer à payer une licence Zoom ? A court terme : oui. A long terme : aucune idée.
Mais tout ça me fait penser à la guerre des navigateurs entre Microsoft Explorer, qui a été le leader mondial du secteur, et Google Chrome apparu en 2008. En 2020, Google a explosé tout le monde : aujourd’hui, son navigateur représente entre 64 à 68% de parts de marché au niveau mondial.
Vu la force de frappe de l’entreprise, Google pourrait balayer Zoom d’ici 2025. Ça dépendra des innovations qui viendront d’ici là.
Des liens pour prolonger la lecture
Chez Sanofi, 69 000 salariés lancent chaque mois des réunions sur Zoom
Les failles de sécurité de Zoom :
Pour créer une visioconférence Google Meet :

